Espace de ressource et de communication / Continuité pédagogique Du travail
- Enseignant: Charlotte Ducreux
Espace de ressource et de communication / Continuité pédagogique Du travail
Corpus :
Euripide, Médée, texte établi par Louis Méridier, traduit par Myrto Gondicas et Pierre Judet de la Combe, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Classiques en poche », n° 108, 2012. Ce sera la traduction de référence.
Dea Loher, Manhattan Medea, dans Barbe-Bleue, espoir des femmes / Manhattan Medea, traduction de l’allemand par par Olivier Balagna et Laurent Muhleisen, Paris, L’Arche, coll. « Scène ouverte », 2001.
Sara Strisberg, Medealand, traduction du suédois par Marianne Ségol-Samoy, Paris, L’Arche, coll. « Scène ouverte », 2011.
À travers l’étude diachronique et comparatiste d’un corpus composé de la première tragédie grecque, créée devant le public athénien en -431, faisant de Médée une mère infanticide, et de deux pièces européennes contemporaines écrites par des femmes (Dea Loher, Sara Strisberg), il s’agira de chercher à comprendre comment un mythe littéraire s’élabore poétiquement et se métamorphose, sur les plans poétique, sémantique et éthique, pour raconter d’autres fables : par exemple, celles de femmes exilées, sans papiers, rejetées par un homme qu’elle ont suivi au bout du monde et qui se vengent en tuant leurs enfants, qu’elles aiment pourtant, afin de blesser leur compagnon infidèle. Qu’incarne cette figure aujourd’hui ? Médée est-elle un cas psychiatrique, une révoltée refusant de plier devant les puissants, et notamment les hommes, une femme perdue, reléguée aux marges d’une société qui voit en elle une étrangère dangereuse ? Comment actualiser le mythe tout en inscrivant sa re-création, sur le plan dramaturgique, dans une histoire du théâtre occidental qui a commencé en Grèce ? Comment de telles réécritures rejouent-elles le programme mythique associé au nom de Médée tout en parvenant à surprendre, encore, les spectateurs d’aujourd’hui ?



Lire, rire et raconter comme des bêtes : le Roman de Renart
Texte au programme : Le Roman de Renart, éd. de Jean Dufournet, trad. de Jean Dufournet et Andrée Mélines, Paris, GF-Flammarion, 1985, tome 1. La lecture du tome 2 est, bien sûr, recommandée mais ne figure pas à notre programme. Cette édition est obligatoire.
Massif de divers récits (ou « branches ») composés par des auteurs différents aux xiie et xiiie siècles, le Roman de Renart est un classique bien connu de la littérature médiévale, souvent abordé dès le collège et plusieurs fois adapté sous des formats divers. Conjuguant l’obscène, le scatologique et le comique noir, cet ensemble, en mettant en scène une société animale perturbée par un héros violent et rusé, offre des espaces de lecture et de réflexions riches et variés, questionnant l’animalité et l’humanité, l’ordre social, la politique et les pouvoirs de la parole. Ce sont sur de tels aspects, parmi d’autres, que nous nous pencherons tout au long du semestre pour mieux saisir et interroger cette œuvre foisonnante, bien moins « enfantine » qu’elle n’en a parfois l’air, en exploitant aussi sa postérité et ses réécritures. Le cours, à partir du texte au programme, rayonnera aussi vers les autres genres médiévaux que le Roman s’amuse à convoquer. Il sera aussi l’occasion, au fil des séances, de revenir sur des enjeux plus généraux d’histoire et de critique littéraires concernant la période médiévale.